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Articles de

Renaud Girard

collaborateur de Kallipolis

«Le cartel émergent des sanctionnés» Le Figaro 12/9/22

CHRONIQUE - La géopolitique de demain sera celle de l’affrontement entre le bloc occidental et le cartel des sanctionnés.

Au cours des trois dernières décennies, les États-Unis d’Amérique ont eu de plus en plus recours, dans leur politique étrangère, aux sanctions économiques. S’appuyant sur l’hégémonie financière du dollar, elles sont même devenues leur arme majeure, depuis que les stratèges américains ont, après les échecs afghan, irakien et libyen, renoncé aux expéditions militaires de changement de régime.

Aujourd’hui, cette politique de sanctions s’applique principalement à quatre pays autoritaires, tous dotés (ou en passe de l’être) de l’arme nucléaire: la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran. Ayant surestimé ses forces et échoué dans son «opération militaire spéciale» en Ukraine, Vladimir Poutine essaie de se refaire une santé géopolitique en suscitant un cartel des sanctionnés. C’était tout le sens de son Forum économique de l’Est (FEE), organisé à Vladivostok, que le président russe est allé ouvrir le 7 septembre 2022.

Ce cartel se met en place, par la multiplication des contacts politiques et des… [continuer la lecture]

«La politique ukrainienne de la France» Le Figaro 5/9/22

CHRONIQUE - Après six mois de guerre, l’Hexagone s’est adpaté à une situation d’une gravité inédite, inconnue en Europe depuis la chute du communisme. Quelques réserves sont à émettre quant à la position de Paris

Après six mois de guerre russe en Ukraine, le front semble s’être stabilisé. Il en est de même de la position de la France à l’égard de ce conflit, qui, en son tout début, fut quelque peu mouvante, le temps de s’adapter à une situation d’une gravité inédite, inconnue en Europe depuis la chute du communisme, il y a plus de trente ans.

Lors de la conférence qu’il a donnée aux ambassadeurs français le 1er septembre 2022, Emmanuel Macron a clairement exposé quelle était la politique ukrainienne de la France. Elle s’articule selon cinq axes.

Premièrement, il s’agit d’aider l’Ukraine agressée. «Nous ne pouvons pas laisser la Russie gagner militairement sa guerre en Ukraine», a expliqué le président de la République, qui craint qu’une victoire militaire russe ne ferait qu’aiguiser l’appétit territorial du Kremlin. L’aide est donc non seulement humanitaire et économique, mais aussi militaire - sans toutefois franchir la ligne rouge de la belligérance directe avec la Russie. Les États baltes, anciennes… [continuer la lecture]

«Le bilan de six mois de guerre en Ukraine» Le Figaro 22/8/22

 

CHRONIQUE - Les unités combattantes sont épuisées. La guerre de mouvement a fait place à la guerre d’usure.

Il y a tout juste six mois, la Russie envahissait son voisin ukrainien. Vladimir Poutine ne supportait plus l’envol des Ukrainiens hors de sa sphère d’influence - processus chaotique mais continu depuis leur indépendance en 1991. Il lançait donc la première guerre de Sécession du XXIe siècle. Il était passé à l’acte, à la surprise de la plupart des Européens.

Son plan, en forme de coup de poker, était de s’emparer en trois jours de Kiev, grâce à une opération commando aéroportée, pour y installer un gouvernement à sa botte. Il échoua parce que la CIA avait percé les secrets de l’état-major russe et transféré ses plans opérationnels à l’armée ukrainienne. Cette dernière attendait de pied ferme les parachutistes russes sur l’aérodrome des usines Antonov, au nord de la capitale.

Reprenant la stratégie de l’essaim de guêpes de Koutouzov contre l’invasion napoléonienne de 1812, le chef d’état-major ukrainien divisa son armée en petites unités autonomes. Celles-ci, équipées de lance-roquettes antichars… [continuer la lecture]

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